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Interview de Mme Havond, auteur de ‘Plantes médicinales de Provence et d’ailleurs’.

Propos recueillis à Saint Rémy de Provence lors d’une rencontre le 19 juin dernier avec Nathalie Havond, botaniste et directrice adjointe de l’école IMDERPLAM (Institut Méditerranéen de Documentation, d’Enseignement et de Recherches sur les Plantes Médicinales situé près de Montpellier). Le 23 mai dernier, Nathalie Havond  dédicaçait son livre Plantes médicinales de Provence et d’ailleurs à la librairie Voyage au bout de la Nuit, à Saint Rémy de Provence au pied du massif des Alpilles. À quand remonte votre intérêt pour les plantes et à quelle occasion s’est-il  manifesté ?  « J’ai toujours été passionnée par les plantes que je côtoyais régulièrement lors de randonnées. Puis, il y a une dizaine d’années, j’ai pris la décision de suivre une formation dans une école de plantes médicinales. Ce fut une révélation ! Puis, suite à l’écriture de mon mémoire sur l’inventaire de la flore médicinale dans le massif des Alpilles et plus largement en Provence, j’ai eu l’idée de proposer ce travail à une maison d’édition qui a tout de suite été intéressée ». Vous êtes directrice adjointe et enseignante à l’IMDERPLAM ? « Oui, j’ai la chance et l’immense plaisir de diriger l’école où j’ai été formée en association avec l’une de ses fondatrices, Claudine LUU. J’y enseigne la systématique botanique * des plantes médicinales, cela permet aux étudiants de devenir autonomes sur le terrain. La transmission est une passion qui a commencé lors de sorties que j’organisais dans le massif des Alpilles. » *classification des plantes (NDLR) Qu’est-ce qu’une plante médicinale ? « C’est une plante  qui contient des principes actifs dont les propriétés thérapeutiques peuvent être utilisées  dans  différentes indications. On peut considérer que tous les végétaux contiennent des principes actifs, certains plus que d’autres. D’autre part une plante contient toujours plusieurs principes actifs et  l’ensemble des effets obtenus grâce à ces derniers est souvent  supérieure à leur stricte somme. Les principes actifs contenus dans une plante fonctionnent en synergie. Ainsi, 1 et 1 n’est pas égal à 2 mais à plus. » La flore en Provence, quelles sont les principales essences ? « Les plantes doivent s’adapter au climat chaud et sec de la Provence. Certaines d’entre elles produisent des huiles essentielles qu’elles vont libérer la journée pour se protéger de la chaleur. Ainsi, on va rencontrer beaucoup de plantes à essence : des Lamiacées (lavande, thym, romarin, sauge, sarriette…), des Apiacées (fenouil, carotte sauvage…).» Quelle plante vous séduit plus particulièrement ? « Je citerais la mauve qui fait partie des sept espèces pectorales*. Pour sa couleur d’une grande beauté qui me touche beaucoup. Elle est aussi le symbole de la sérénité ; c’est une plante qui apaise. » * Les plantes dites pectorales ont comme propriété de favoriser le soulagement des maladies en relation avec les voies respiratoires (NDLR) Quelles sont les plantes les plus utilisées ? « Sans doute le thym et le romarin que l’on trouve en abondance. Leurs multiples principes actifs sont très puissants. Ici, il s’agit de thym vulgaire (Thymus vulgaris) qui affectionne les sols calcaires. En Ardèche, par exemple, où la terre est plus acide, vous trouverez le thym serpolet (Thymus serpyllum). Le romarin (Rosmarinus officinalis) est extraordinaire comme tonique cérébral et digestif. Vous pouvez l’utiliser en décoction*, en cure de trois semaines au printemps ou à l’automne, lors des passages d’une saison à l’autre. » *décoction : on parle de décoction avec les plantes ligneuses (qui font du bois). C’est le résultat de la mise en ébullition d’une quantité d’eau avec une ou plusieurs plantes. Contrairement à l’infusion : boisson obtenue en laissant infuser les plantes dans de l’eau chaude, source de chaleur éteinte. (NDLR) Pourriez-vous nous donner une petite recette ? « Le thym est un tonique, un stimulant, idéal en cas de coups de fatigue. En cas de refroidissement, de début de rhume ou de sinusite, faire une décoction avec environ une cuillère à soupe de plantes séchées dans un gros bol et procéder à une inhalation.» Quelle plante est pour vous la plus précieuse ? « L’étoile de Bethléem, la dame-d’onze heures ou ornithogale. Cette petite plante avec ses pétales d’une blancheur immaculée est l’un des élixirs floraux (du Dr Bach) les plus utilisés pour le réconfort qu’elle procure. Cependant, c’est une plante toxique en herboristerie ; donc, ne jamais l’utiliser sous une autre forme que l’élixir floral. » Pour la vitalité, quelles plantes conseillez-vous ? « L’ortie, pour ses propriétés reminéralisantes. » Et pour plus de sérénité, quelles plantes recommandez-vous ?  « Le tilleul, la verveine citronnée, la mélisse et pour favoriser l’endormissement, le houblon. » À quel moment de la journée est-il préférable de procéder à la cueillette ? Est-ce important ? « Mieux vaut éviter l’humidité. Pour faciliter le séchage, le meilleur moment pour la cueillette sera après la rosée, en fin d’une matinée ensoleillée. Pour les plantes à essence, il est nécessaire d’éviter la fin de journée car à ce moment-là, les plantes sont moins concentrées en essence. » Propos recueillis par Mireille Miconnet, rédactrice chez Florame et passionnée par les huiles essentielles depuis plus de 20 ans.

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